Comparaison: Faro ScanArm et moyens de contrôle conventionnels

Métrologie — Par Xavier Conesa le 10 juin 2010 à 10:00

J’ai trouvé cette vidéo sur YouTube et je souhaiterais y apporter quelques nuances qui sont, je crois, importantes pour l’évalutation du retour sur investissement. Certaines données ne peuvent être données aussi froidement sans être vérifiées ; la majorité de nos lecteurs connaissent bien la réalité de notre secteur et leur première réaction face à des données erronnées pourra être tout le contraire de l’objectif de cette vidéo : capter des clients potentiels.

Concernant les moyens de contrôle conventionnels:

  • Il n’est pas vrai qu’il ne peuvent servir que pour une seule pièce. Dans de nombreuses occasions, un même moyen de contrôle peut contrôler des familles de pièces similaires en déplaçant ou en modifiant certains éléments.
  • Ils n’exigent qu’une maintenance minimum en fonction de la manière dont ils sont utilisés et des matériaux choisis pour leur fabrication ; mais si les matériaux sont adéquats, nous ne devrions pas avoir de problème d’usure, de pièces brisées ou de vie utile courte.
  • Les exigences du marché font que les délais de fabrication sont de plus en plus courts, car les fournisseurs n’ont pas d’autre choix que celui de s’adapter. Dans tous les cas nous parlons d’un délai en jours ou en semaines, mais avec des tendances à la réduction du délai d’étude ou de fabrication d’environ 10 ou 15% par an.
  • Les prix des moyens de contrôle conventionnels peuvent aller de 500€ à 50.000€ dans le cas de moyens de contrôle pour grands ensembles, qui sont très complexes. Quant au moyen de contrôle que nous pouvons voir dans cette vidéo, je ne crois qu’il vaille plus de 4.000€. La crise que souffre le secteur automobile depuis quelques années a provoqué une chute des prix considérable. Les exigences et la complexité des moyens de contrôle est toujours la même, mais les prix souffrent une réduction annuelle de l’ordre de 15% environ.
  • La plus grande partie de pièces ou d’ensembles ne disposent pas d’une rigidité suffisante pour être mesurées à l’état libre. Les pièces, en règle générale, doivent être conformées afin de pouvoir reproduire leur environnement véhicule. Pour certaines pièces, il est même nécessaire de reproduire tout le contour ou les zones de fixation, afin qu’elles réalisent leur fonction et puissent être contrôlées correctement.
  • Aucun fabricant de véhicules ne sera disposé à se passer de moyens de contrôle de type cubing (qui reproduisent tout son environnement), qui permettent de contrôler visuellement les jeux et affleurements des contours de la grande majorité des pièces. En fin de compte, ce sont eux qui assument l’investissement des moyens de contrôle et qui donnent les exigences pour le concept de ces moyens de contrôle.
  • Les fixations et les isostatismes de la pièce doivent être correctement reproduits. Si des sauterelles ou des éléments exerçant une pression doivent être utilisés, il sera nécessaire de placer un pion d’appui en-dessous. Dans ce cas, nous ne devrions pas avoir de déformations de la pièce, mis à part celles qu’elle pourrait subir lors de son montage sur le véhicule. Conformer la pièce avec ses isostatismes est un symbole de sécurité dans la mesure et de répétabilité.
  • Il est totalement faux que les moyens de contrôle ne nous fournissent que des données quantitatives (contrôles par attributs). Suivant les cas, l’étude pourra intégrer des éléments de mesure par variables au moyen de comparateurs ou d’autres moyens donnant une lecture précise.
  • Les données obtenues grâce aux moyens de contrôle peuvent également être enregistrés automatiquement par des systèmes électroniques. Il existe une grande variété de capteurs permettant d’extraire les données afin de les enregistrer facilement.

Concernant les moyens de contrôle 3D:

  • Ils doivent être étalonnés chaque fois qu’ils sont montés, et une fois correctement ajustés ils ne pourront pas être démontés facilement, car nous devrions les étalonner de nouveau. Les monter et les ajuster requiert également beaucoup de temps, ce qui nous oblige à laisser les moyens de contrôle montés pendant un certain temps.
  • Nous ne pouvons pas reproduire avec des éléments standards toute la variété d’isostatismes que nous pouvons trouver habituellement sur les pièces. Il y a beaucoup d’éléments de centrage positionnés avec des inclinaisons, des formes spéciales, des vis de fixation, etc… qui ne peuvent pas être représentées par des éléments standards.

Avec tout cela je ne veux pas dire que le système de Faro n’est pas intéressant, mais il ne l’est PAS de la manière que nous indique cette présentation. L’enregistrement de données pour un traitement ultérieur, et la traçabilité est quelque chose qui s’imposera progressivement dans tous les systèmes productifs, mais nous devons étudier soigneusement le retour sur investissement.

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