Entretien avec Ekaizen

Sans catégorie — Par Gladys le 19 janvier 2009 à 5:35

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Cette fois-ci nous avons réalisé notre interview avec Ekaizen, qui rédige son propre blog “ Pensando en kaizen” (pensant au kaizen). La photographie montre un robot contrôlant la qualité superficielle d’une carrosserie fraîchement peinte. Voici les réponses qu’il a aimablement accepté de nous donner :

Croyez-vous que les hautes exigences de qualité peuvent amener à un contrôle exhaustif à 100% de la production de façon généralisée ?

C’est pratiquement impossible ; bien que la tendance soit d’assurer toujours plus les niveaux de qualité, la très grande quantité de caractéristiques à contrôler sur un véhicule rend invivable un contrôle exhaustif à 100%. Grâce aux systèmes de contrôle par vision ou lasers, on peut assurer à 100% quelques une des cotes ou des fonctions les plus importantes des véhicules. Mais rien de plus ; pour le reste de points à garantir, il nous faut changer de philosophie, orienter le contrôle vers des méthodes permettant de détecter tous les défauts, telles que les poka-yoke, jidoka ou l’auto-contrôle grâce à la standardisation.

Quelles sont les principales qualités d’un gabarit de contrôle selon vous ?

Si ce dont nous parlons est d’un gabarit conçu pour contrôler la qualité des pièces fabriquées, il semble logique qu’il doit être fiable, pour ne pas laisser de doute, et robuste, pour garantir un fonctionnement correct dans le temps. Mais ce doit être également un gabarit simple à utiliser et adaptable, qu’il puisse être ajusté facilement au contrôle de plusieurs produits, en ajoutant par exemple un simple bloc, ou en bougeant une série de vis et de leviers.


Pensez-vous que les gabarits de contrôle sont indispensables à la qualité dans les ateliers de production ?

Aujourd’hui oui, bien que cette tendance doive être changée pour opter pour des contrôles directement en ligne. L’utilisation de gabarits de contrôle est chère, il faut sortir la pièce du flux et l’emmener à la salle de mesure, effectuer le contrôle et la réintroduire. Cela implique une rupture du flux, d’affecter l’ordre, le produit prend du retard dans la séquence de fabrication, ce qui peut affecter les délais de livraison. De plus, interrompre le fonctionnement normal de la ligne signifie introduire une variable de plus pour provoquer des arrêts de ligne et même des défauts de fabrication. Ces défauts peuvent venir des transports des pièces jusqu’à la salle de contrôle, et du processus de contrôle lui-même.

Quelle évolution et quelles améliorations les gabarits de contrôle connaîtront-ils au cours des prochaines années ?

J’ai déjà répondu en partie à cette question avec mes réponses précédentes. D’après moi, les gabarits de contrôle devront être rapprochés et intégrés directement sur la ligne. Il doivent être utiles et flexibles, doivent pouvoir passer d’une façon simple et rapide au contrôle d’une cote ou d’une caractéristique, en fonction des risques de qualité existant sur le moment.

Quelles technologies pourraient remplacer les gabarits de contrôle à court terme? Croyez-vous que les contrôles par vision pourraient représenter un moyen de substitution?

De mon point de vue, aujourd’hui, le futur passe par les systèmes de vision, en particulier ceux intégrés dans des robots. Cette union leur donne en effet une grande fonctionnalité; en modifiant simplement la trajectoire de travail du robot, nous pouvons contrôler ce qui nous intéresse à un moment précis.
Mais il faut également travailler à la construction de systèmes de production fiables, qui ne laissent pas passer de défauts, afin que le risque de production de défauts soit réduit au minimum. Le simple fait d’utiliser des pièces avec des trous dans des zones bien définies peut nous garantir que notre montage d’assemblage est en parfait état, avant de commencer à produire.

La politique 6-Sigma est-elle suffisamment répandue chez les entreprises de production espagnoles, ou reste-t-il peut-être encore un long chemin à parcourir ?

Je n’ai pas d’expérience pour comparer la situation des entreprises de production espagnoles avec celles hors de nos frontières; par contre, ce que je peux assurer c’est qu’il nous reste encore un long chemin à parcourir, car dans les entreprises de pointe de la production en série, comme celles du secteur automobile, les politiques 6-Sigma sont loin d’être monnaie courante.

J’espère que mes points de vue vous paraissent intéressants et que mes explications vous ont parues correctes et compréhensibles.

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