Qu’apportera l’Audi Q3 aux fournisseurs espagnols?

Sans catégorie — Par Gladys le 9 avril 2009 à 12:23

audi q3 calidad seat martorell

Cela fait des mois que je me pose cette question, depuis que j’ai entendu parler pour la première fois de la possibilité qu’un véhicule d’AUDI soit fabriqué dans une usine de SEAT a Martorell (près de Barcelone, Espagne).
Il s’agit encore d’une inconnue car les responsables de SEAT n’ont pas encore reçu d’indications concernant les exigences concrètes pour les moyens de contrôle. On ne sait pas encore si les fournisseurs seront allemands ou espagnols. Autre point à découvrir, si le contrôle dimensionnel sera réalisé de la même manière que pour les modèles précédents, ou si au contraire des systèmes plus sophistiqués seront adoptés, permettant une plus grande traçabilité et une saisie de données.

Auparavant, le lancement en 2007 de la deuxième génération de la Citroën C5 a marqué un point d’inflexion pour les pièces assignées aux usines de fournisseurs en Espagne quant à la qualité requise pour les finitions. Comme il s’agissait d’un véhicule du Segment D, un changement était attendu pour les systèmes et les modèles de contrôle de qualité tout comme pour les matériaux et les finitions des pièces terminées. Finalement, le prix d’achat fut un facteur décisif pour conserver les systèmes traditionnels qui s’utilisaient alors, et il n’y eut aucun changement de méthodologie ou de concept. Contrairement aux fournisseurs français, les fournisseurs espagnols choisirent d’appliquer une logique économique au détriment de la logique fondée sur la qualité.

Avec l’arrivée de la SEAT Exeo nous n’avons pas pu noter non plus de changement substantiel puisque qu’une grande partie des moyens de contrôle et de production de l’Audi A4 ont été réutilisés pour ce modèle.

La crise actuelle peut être un facteur important pour qu’AUDI décide de ne réaliser avec le Q3 (Segment SUV) que de faibles investissements dans des moyens de contrôle et préfère utiliser les systèmes et concepts d’outillages actuellement utilisés avec le reste de modèles de SEAT et VOLKSWAGEN.

L’une des principales critiques que je ferais aux fournisseurs de pièces en Espagne est qu’ils obtiennent des projets de pièces grâce à leurs prix, et cet aspect limite beaucoup les investissements.
L’une des premières parties a être réduite est celle des moyens de contrôle, et c’est une grave erreur.

Les constructeurs japonais comme NISSAN ou TOYOTA exigent une grande rigueur de la part de leurs fournisseurs pour l’étude des moyens de contrôle, mais d’autres marques laissent plus de liberté de choix. C’est à ce moment là que de nombreux fournisseurs décident d’économiser sur les moyens de contrôle et peuvent ainsi continuer à vivre dans l’ignorance. Ils parviennent à réduire les dépenses, et évitent en plus d’avoir des preuves que les choses vont mal.

On dit parfois sur le ton de la plaisanterie: « Si nous savons que quelque chose n’est pas bien fait, pourquoi le contrôler ? Mieux vaut ne pas le contrôler pour que personne ne s’en rende compte… »

J’aimerais que les méthodes de réalisation de l’Audi Q3 soient différentes et que nous commencions à démontrer le potentiel industriel que nous, les entreprises espagnoles, avons. Les moyens de contrôle sont le reflet de la capacité de plannification que nous appliquons au processus industriel et de la vision du futur fondée sur la gestion des coûts dûs au manque de qualité. Le Q3 peut être une excellente opportunité et une fenêtre pour le monde, afin de prouver que nous méritons de fabriquer des produits de haute gamme.

Photographies: Diariomotor

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